Les jeunes peuvent ressentir une certaine inquiétude face aux changements qui surviennent dans leur corps, notamment lors de la période de la puberté. Plusieurs études ont d’ailleurs démontré que le contrôle du poids corporel est une préoccupation réelle chez les jeunes. Cette préoccupation peut se manifester de différentes façons :

  • Désir de perdre du poids
  • Désir de gagner du poids
  • Désir de contrôler son poids

L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire a révélé que 49 % des élèves étaient insatisfaits de leur apparence. Parmi ceux-ci, 41 % des filles désiraient un corps plus mince, tandis que 24 % des garçons souhaitaient une silhouette plus forte. Selon cette même enquête, 71 % des jeunes tentaient d’influencer leur poids.

À Sherbrooke, le portrait sur les jeunes sherbrookois montre que 59 % des filles et 62 % des garçons de 12 à 17 ans sont insatisfaits de leur image corporelle. De plus, près de la moitié des filles avait essayé de perdre du poids, alors que 52 % des garçons avaient tenté de gagner du poids au cours des six mois précédant le sondage.

Parmi les méthodes les plus fréquemment employées par les jeunes pour perdre, gagner ou contrôler leur poids, les trois suivantes sont les plus populaires (ordre variant selon le sexe) :

  • Diminuer ou couper le sucre ou le gras
  • S’entraîner de façon intensive
  • Sauter des repas

En tant qu’intervenant auprès des élèves, il est donc important d’agir pour influencer la perception des jeunes, et ce, dès l’âge primaire.

Définition

L’image corporelle se définit par la perception qu’un jeune ou un adulte a de son propre corps et de son apparence physique. En d’autres termes, c’est la façon dont une personne se voit et la façon dont elle croit que les autres la voient. Les nombreuses préoccupations à l’égard de l’image corporelle ne se limitent pas seulement au poids et à la minceur. La taille, la musculature, la couleur de la peau et des cheveux, par exemple, sont quelques-uns des traits physiques dont les jeunes et les moins jeunes se soucient.

Par ailleurs, saviez-vous que dès l’âge de 3 ans, un enfant commence à se préoccuper de son image corporelle?

Signes à reconnaître

Certains jeunes possèdent une perception positive de leur image corporelle tandis que d’autres, au contraire, ont plutôt une perception négative. En tant qu’intervenant, il peut être important de repérer si un jeune possède une image corporelle positive ou non afin d’être en mesure de le soutenir. Voici donc quelques indicateurs qui peuvent vous permettre d’identifier la perception d’un élève.

Signes d’une image corporelle positive


  •  Il voit son corps tel qu’il est en réalité et il l’accepte
  • Il apprécie les habiletés et les particularités de son corps
  • Il a confiance en son corps et ses capacités
  • Il traite son corps avec soin
  • Il comprend que son apparence ne révèle que très peu de choses sur lui

Signes d’une image corporelle négative


  • Il se préoccupe tout le temps de son poids
  • Il surveille sans cesse les valeurs nutritives des aliments avant de se permettre de les manger
  • Il s’informe souvent sur les régimes et les produits amaigrissants
  • Il a une perception erronée de la forme et de la taille de son corps
  • Il croit que seuls les autres sont séduisants
  • Il a honte et se sent gêné par son apparence
  • Il est obsédé par son apparence physique
  • Il montre de la réticence à l’égard de l’activité physique

Ce qui influence l’image corporelle

Les facteurs qui influencent la perception des jeunes quant à leur image corporelle sont nombreux. Il y a, par exemple, des facteurs personnels propres à chacun des enfants ainsi que des facteurs sociaux. Quelques-uns sont répertoriés ci-dessous :

Facteurs personnels
L’adolescence est une période où les jeunes sont plus vulnérables. À la puberté, période où leur corps subit de nombreux changements, les ados sont plus sensibles aux pressions sociales. De plus, c’est durant l’adolescence que leur estime de soi se développe.

Dans un autre ordre d’idées, les jeunes qui pratiquent des sports plus artistiques tels que la danse, la nage synchronisée, le plongeon ou la gymnastique sont plus à risque d’avoir des comportements néfastes dans le but d’influencer leur poids et leur image corporelle. Il en est de même pour les athlètes pratiquant des sports où il existe des catégories de poids (ex. : boxe, judo et lutte).

Facteurs sociaux
L’influence de la famille, des pairs et des intervenants est très importante. Les commentaires, les comportements, de même que l’attitude des gens jouent un rôle significatif par rapport à la satisfaction ou l’insatisfaction corporelle des jeunes.
De plus, la perception que se fait un jeune de lui-même est nécessairement influencée par la norme de beauté qui est mise de l’avant dans la société. Par ailleurs, les médias contribuent à établir ces standards de beauté en présentant des images de modèles d’extrême minceur et ultra-musclés.

Les avantages d’une image corporelle positive

Il existe plusieurs avantages significatifs à avoir une image corporelle positive, d’où l’importance de véhiculer des messages positifs et d’agir afin d’influencer la perception des jeunes.

Pour nommer quelques exemples, un jeune satisfait de son corps et bien dans sa peau est plus
disposé à :

  • Adopter de saines habitudes de vie, avoir une meilleure estime de soi et par le fait même, favoriser sa réussite scolaire.
  • Minimiser l’importance accordée à son habillement, son maquillage ou à sa coiffure.
  • Respecter ses signaux de faim et de satiété.
  • Éviter des comportements nuisibles à sa santé comme sauter des repas, suivre des diètes restrictives et consommer des produits amaigrissants ou des suppléments alimentaires.
  • Éviter le développement d’un trouble de comportement alimentaire.
  • Éviter l’entraînement excessif, la sédentarité ou bien l’abandon de la pratique d’activités physiques.
  • Éviter les sentiments de stress, d’anxiété, de dépression et les idées suicidaires.

 

Rédaction : Janie Blais-Bélanger, coordonnatrice-adjointe et nutritionniste
Date de publication : septembre 2014

Références :

  • ÉquiLibre. Mon ÉquiLibre, [En ligne], [http://www.monequilibre.ca/] (Consulté le 30 juin 2014).
  • Institut national de santé publique du Québec (2014). Ados 12-14 : les dimensions socioculturelles des pratiques alimentaires et d’activité physique des adolescents – Recension des écrits, Québec, gouvernement du Québec, 29 p.
  • Morin, P. et al. (2009). Portrait des jeunes Sherbrookois de 4 à 17 ans en matière d’alimentation et d’activité physique et sportive, Québec, Alliance sherbrookoise pour des jeunes en santé, 124 p.
  • Pica, L., et al. (2012). L’enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. Le visage des jeunes d’aujourd’hui : leur santé physique et leurs habitudes de vie, Québec, Institut de la statistique du Québec, 258 p.
  • Québec en Forme (2014). Pour que les jeunes aient une perception positive de leur corps, [En ligne], [http://www.quebecenforme.org/media/264508/QEF_Fiche-Détaillée_image_corporelle_2012.pdf] (Consulté le 30 juin 2014).